Un mariage coûte cher, un divorce encore plus. Le 23 juin 2016, les Britanniques ont opté pour la rupture avec l'Union européenne, après plus de quarante ans d'une relation dysfonctionnelle. Des noms d'oiseaux ont volé, des assiettes ont été brisées, personne n'a gagné. En Europe du moins.
"Toutes ces années à négocier une nouvelle relation ont eu un coût exorbitant pour notre continent, alors que cette énergie aurait dû être dépensée pour affronter nos vrais problèmes, politiques comme économiques, regrette l'ex-ministre britannique de l'Europe, le conservateur David Lidington, auprès de L'Express. Nos adversaires, eux, avançaient." Pendant nos querelles européennes, la Russie a pu préparer son invasion de l'Ukraine, la Chine resserrer l'étau de notre dépendance économique et les Etats-Unis se radicaliser au point d'envisager d'annexer un territoire européen, le Groenland.
Dans ce nouveau monde, notre continent n'a ni le temps ni l'énergie pour des regrets. A Londres, Keir Starmer a promis un "reset" avec l'UE mais avance à petits pas : retour au sein d'Erasmus, volonté d'intégrer l'Europe de la défense et de l'énergie... Too little, too late ? Le Premier ministre le plus impopulaire de l'histoire britannique n'aurait pas grand-chose à perdre à assumer le désir européen de la Grande-Bretagne, à acter que ses entreprises se porteraient bien mieux dans le marché commun et que, oui, les Anglais sont des Européens comme les autres. Un "Bretour", même non officiel, demeure indispensable à nos intérêts. Le plus tôt sera le mieux.
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