Ces désaccords internes en Iran qui menacent les négociations avec les Etats-Unis

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Ces désaccords internes en Iran qui menacent les négociations avec les Etats-Unis

Ces désaccords internes en Iran qui menacent les négociations avec les Etats-Unis

La perspective d'une paix durable entre les Etats-Unis et l'Iran semble s’assombrir. Des pourparlers entre Téhéran et Washington sont en cours depuis mardi soir à Doha, au Qatar. Mais ces discussions sont indirectes, avec pour intermédiaires le Qatar et le Pakistan. Steve Witkoff et Jared Kushner, émissaires du président américain Donald Trump, ont rencontré mardi le Premier ministre du Qatar pour poser les bases de ces discussions techniques.

Mardi, l'Iran a indiqué qu'il ne rencontrerait pas ces hauts envoyés américains qui se sont rendus dans la région à la suite de la reprise des hostilités. "Aucune réunion, à quelque niveau que ce soit, avec la partie américaine n'est prévue dans les prochains jours", a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei. Selon ce dernier, une délégation iranienne rejoindra le Qatar dans le courant de la semaine pour ces pourparlers indirects qui portent principalement sur l'accès aux avoirs iraniens gelés, notamment les 6 milliards de dollars détenus à Doha sous la supervision du Qatar.

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Si ces discussions tournent au ralenti et semblent fragiles, c'est en grande partie en raison des divisions entre les différents acteurs du pouvoir iranien et de la lutte de pouvoir entre eux, rapporte The Wall Street Journal (WSJ). Selon le quotidien américain, qui a interrogé des responsables proches des négociations, les modérés souhaitent ardemment débloquer les milliards de dollars d'avoirs gelés détenus au Qatar, tandis que les partisans de la ligne dure se concentrent sur un sujet encore plus important à leurs yeux : le contrôle du détroit d'Ormuz.

Dans le détail, les dirigeants civils, menés par le président Massoud Pezeshkian, cherchent à débloquer les fonds gelés afin d'apporter un certain soulagement à la population qui lutte contre les répercussions économiques de la guerre, dont l'inflation galopante. Mais tous n'ont pas cette priorité en tête. Le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) souhaite ainsi quant à lui conserver à tout prix le contrôle total du très stratégique détroit d'Ormuz dans l'optique d'instaurer un système de péage lucratif. Celui-ci permettrait d'enrichir ses forces armées et de dominer la sécurité de toute la région. Les Gardiens de la révolution, qui contrôlent la force navale patrouillant les eaux iraniennes, ont averti les médiateurs qu'ils fermeraient à nouveau le détroit d'Ormuz si, lors des pourparlers de Doha, ils n'obtenaient pas la garantie que l'Iran en aurait le contrôle exclusif, selon des sources proches des discussions interrogées par le WSJ. Un moyen de garder la mainmise sur les négociations alors que la libre circulation dans ces eaux est l'élément essentiel de l'accord de paix initial signé début juin.

Selon le WSJ, face à la position intransigeante de certains dirigeants iraniens, Massoud Pezeshkian s'est empressé de courtiser les hauts dignitaires religieux de Qom, principal centre d'études religieuses du pays. Il a notamment vanté les mérites du déblocage des 6 milliards de dollars gelés au Qatar devant l'ayatollah Shubairi Zanjani, l'une des plus hautes autorités religieuses du pays. Le président iranien a également déclaré que l'accord de paix bénéficiait du soutien du Guide suprême Mojtaba Khamenei, ajoutant que des factions à l'intérieur et à l'extérieur du pays cherchaient à perturber le processus diplomatique.

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Les divisions internes quant à la manière d'aborder ces pourparlers de paix laissent en tout cas penser que nombre des questions censées être réglées par l'accord de paix préliminaire signé par l'Iran et les Etats-Unis le 17 juin sont toujours d'actualité. Les piliers clés de ce cadre initial exigent que l'Iran lève son emprise sur le détroit d'Ormuz en échange d'incitations financières, et prévoit 60 jours de négociations pour élaborer un accord de paix permanent. Dans ce contexte, tout accord sur des sujets potentiellement plus épineux, tels que le programme nucléaire iranien, reste encore lointain.

Pour autant, Donald Trump semble - au moins pour l'instant - privilégier les pourparlers diplomatiques, selon des responsables américains au fait des discussions interrogés par le Wall Street Journal. Le quotidien révèle que le président américain a envisagé un retour à une guerre totale contre l'Iran, s'entretenant à plusieurs reprises ces derniers jours avec le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, et le chef d'état-major des armées, le général Dan Caine, au sujet de nouvelles frappes. Sans donner suite à cette option… mais sans prendre non plus de décision définitive. Donald Trump a confié à ses conseillers qu'il estimait qu'une nouvelle série d'attaques massives pourrait faire dérailler la diplomatie et compromettre les chances de Washington de démanteler définitivement le programme nucléaire iranien.

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