Après sa volonté de lutter contre la corruption du précédent gouvernement, Péter Magyar s'attaque désormais aux finances publiques. Lors d'une intervention diffusée ce lundi 29 juin sur Facebook, le nouveau Premier ministre hongrois a accusé son prédécesseur, Viktor Orban, d'avoir présenté une image trompeuse des finances publiques, le déficit budgétaire prévu pour 2026 aurait dépassé 8 % du PIB, soit plus du double de l'objectif officiellement affiché par l'ancien exécutif.
"Ils ont menti aux Hongrois. Les chiffres du déficit budgétaire que le gouvernement Orban a présentés publiquement, ceux figurant dans les documents officiels, et ce que nous constatons aujourd'hui n'ont absolument rien à voir les uns avec les autres", a-t-il notamment déclaré. Selon lui, les propres services de l'ancien gouvernement anticipaient déjà un déficit de 6,8 % contrairement aux prévisions officielles - 5 % -, tandis que de nouveaux audits montrent que celui-ci aurait dépassé les 8 % sans l'accord récemment conclu avec l'Union européenne, qui a permis de débloquer des fonds jusqu'alors gelés.
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La semaine dernière, le ministre des Finances, András Kármán, avait déjà qualifié le déficit du pays de "défi le plus difficile" sur la voie de l'adoption de l'euro, tout en précisant qu'un projet de budget révisé pour 2026 serait présenté d'ici à la fin du mois d'août. Cette annonce pourrait alors offrir à Péter Magyar une marge de manœuvre politique pour réduire ou repousser certaines de ses promesses de dépenses, notamment dans les domaines de la santé et de l'éducation.
Pour l'heure, ni Viktor Orban, ni son ancien ministre des Finances n'ont répondu aux demandes de commentaires. De leur côté, les marchés ont favorablement accueilli la victoire électorale de Péter Magyar, au point que le forint, la monnaie hongroise, s'est apprécié d'environ 15 % face à l'euro au cours des douze derniers mois, l'essentiel de cette progression étant intervenu depuis le mois d'avril. Dans le même temps, les rendements des obligations souveraines hongroises à dix ans sont tombés sous ceux de la Pologne et ne se situent plus qu'à un demi-point de pourcentage de ceux du Royaume-Uni.
Conséquence : le renforcement de la monnaie nationale et la baisse des coûts d'emprunt pourraient alléger la pression sur les finances publiques en réduisant à la fois le coût du service de la dette et celui des importations. En revanche, un déficit supérieur à 7 % signifie que l'objectif de la Hongrie d'adopter l'euro nécessitera plusieurs années d'assainissement budgétaire.
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Au-delà des finances, Péter Magyar a initié des vastes réformes pour "purifier", dit-il, la Hongrie de la "mafia économique". Parmi elles : la suppression des "fondations de gestion d’actifs d’intérêt public", des structures qui s’étaient multipliées à partir de 2021 et avaient permis un transfert massif des actifs de l’Etat hongrois à des conseils de direction, dominés par le parti de Viktor Orban, le Fidesz. Avec cette réforme, l’Etat devrait ainsi récupérer 8,5 milliards d’euros de patrimoine d’ici à la fin du mois d’août.
En outre, une nouvelle législation a élargi les prérogatives de l’Autorité pour l’intégrité, un organisme anticorruption créé sous le gouvernement Orban à la fin de l’année 2022 sous la pression de la Commission européenne, et dont le directeur fait aujourd'hui l’objet de poursuites de la justice hongroise pour détournement de fonds. Désormais, l’institution sera chargée du contrôle des déclarations de patrimoine et pourra saisir la justice afin de demander l’ouverture d’enquêtes pour corruption.
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