A en croire les professionnels - banquiers, gérants, assureurs… -, les Français manqueraient cruellement de culture financière. Si le constat n’est pas totalement erroné, il est parfois utilisé comme un mantra pour alimenter les intérêts des sociétés financières davantage que ceux des épargnants. Le Français n’est peut-être pas très féru d'intérêts composés mais il dispose d’un certain bon sens. Après s’être vu vendre des supports bilanciels pour renforcer les fonds propres des banques, des produits structurés frelatés pour doper les commissions des conseillers ou encore des assurances-vie ultra-chargées pour faire vivre les banques privées, il ne sait plus à quel sein se vouer. A défaut, il préfère se reporter sur le livret A, fiable et sans (mauvaise) surprise à défaut d’être performant. L’éducation financière se fera par un discours de vérité, des pratiques professionnelles et des placements de qualité, ou ne se fera pas.
Il n’est jamais trop tôt pour épargner. Certains placements peuvent être souscrits par un parent au nom de leur enfant mineur afin de lui constituer une épargne à son nom. Une fois majeur, le jeune reprend le contrôle : il peut laisser l’argent fructifier, ou y puiser de quoi financer son permis de conduire ou ses études. Le premier réflexe consiste généralement à ouvrir un livret A à son enfant car ce produit universel est sans risque. Mais ce n’est pas forcément la meilleure idée. "Contrairement à ses parents, un enfant n’a pas besoin d’épargne de précaution, souligne Clément Nouvet, directeur général de Nalo. Pour un mineur, mieux vaut souscrire un placement permettant d’investir sur des placements comportant des risques, plus rémunérateurs sur le long terme." La solution consiste à ouvrir un contrat d’assurance-vie au nom de l’enfant car cette enveloppe coche toutes les cases, quel que soit l’âge de son détenteur : elle permet d’investir sur toutes les classes d’actifs (actions, obligations, monétaire, immobilier…), avec ou sans risque et dans un cadre fiscal privilégié. Pour un enfant, l’idéal est de faire la part belle aux unités de compte investies en actions pour profiter de leur bonne performance sur le long terme. "Paradoxalement, certaines compagnies d’assurances imposent d’investir une forte proportion du contrat sur le fonds en euros, à capital garanti, dans un objectif de protection du mineur, note Emmanuel Hardy, le président d’Inovéa. C’est dommage car il faudrait faire exactement le contraire." Car sur un horizon d’investissement de huit à dix ans, voire plus selon l’âge de l’enfant lors de l’ouverture du contrat, le risque de perte en capital est modéré.
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Sans compter que rien n’oblige l’enfant à récupérer l’argent le jour de ses 18 ans. La hantise des parents serait même de voir le jeune tout juste majeur puiser dans son contrat pour, au choix, partir faire la fête au bout du monde ou tout investir en cryptoactifs sur les conseils d’un tiktokeur. Heureusement, certains garde-fous peuvent être mis en place. "Lorsque des parents ou des grands-parents réalisent une donation à un mineur, il reste possible de l’encadrer par un pacte adjoint prévoyant les conditions d’utilisation des sommes placées sur le contrat, explique Elise Moras, directrice des études de l’ingénierie patrimoniale de Meeschaert. Les compagnies d’assurances ont l’habitude de ce dispositif, cela fonctionne très bien, mais il faut en passer par une donation en bonne et due forme et enregistrer le pacte adjoint auprès de l’administration fiscale". Le document peut par exemple stipuler qu’il faut l’accord du parent pour effectuer un retrait ou que l’argent devra servir à l’achat d’un logement ou au financement des études supérieures. Il doit néanmoins conserver une durée de validité limitée dans le temps, et ne peut excéder le 26e anniversaire du jeune.
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A noter, depuis le 1er janvier 2024, il n’est plus possible d’ouvrir un plan d’épargne retraite (PER) au nom d’un mineur. Il existe en revanche une enveloppe dédiée aux jeunes, le plan d’épargne avenir climat (PEAC). Il a été créé par la loi relative à l’industrie verte d’octobre 2023 mais n’est pour l’heure proposé que par le groupe BPCE. Il est investi dans des obligations vertes et des fonds verts ou socialement responsables. Il est réservé aux moins de 21 ans, dans la limite de 22 950 euros de versements et bloqué jusqu’à la majorité du détenteur, une contrainte de taille par rapport à l’assurance-vie. Autre option : la banque allemande Trade Republic permet à ses clients de mettre en place un plan d’investissement programmé au nom de leur enfant. Ils peuvent investir sur une large palette de produits incluant les actions, ETF, obligations et même les cryptos. Il s’agit d’un compte titre classique, sans avantage fiscal spécifique puisque le plan d’épargne en actions (PEA), défiscalisé, est réservé aux majeurs.
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