Au-delà des assertions de Donald Trump, qui estime que les "Etats-Unis ont défait l'Iran" sur le plan militaire, il reste difficile d'établir un bilan précis de la campagne de frappes aériennes menée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, déclenchée le 28 février et suspendue par un cessez-le-feu le 8 avril – les autorités américaines affirment de leur côté avoir frappé plus de 13 000 cibles. La cellule de BBC Verify s'est pourtant essayée à l'exercice en analysant différentes images satellites, et a pu recenser des dégâts sur plus de cinquante sites militaires iraniens.
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Une douzaine d'aérodromes ont été touchés. L'aéroport international de Mehrabad a fait l'objet de frappes le 7 mars qui ont détruit au moins 17 appareils dans la zone militaire du site ; 13 l'ont été sur la base de Shiraz, à la suite d'attaques américano-israéliennes menées entre le 2 et le 17 avril. Les sites de la marine iranienne n'ont pas été épargnés. Plusieurs navires ont été endommagés lors des attaques contre la base navale de Bandar Abbas – siège de la marine – aux premiers jours de la guerre.
Les bases des Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) ont été également frappées. Leur quartier général, dans la banlieue est de Téhéran, et celui de leur marine, a subi des dégâts importants – le commandant de la marine, le général Alireza Tangsiri, a d'ailleurs été tué lors d'une opération israélienne fin mars. Les bases appartenant à la milice Basij – une force de volontaires contrôlée par le CGRI et souvent déployée dans les rues pour réprimer la contestation – ont également été attaquées. Ces bombardements ont pu être menés dans le but de favoriser un changement de régime à Téhéran, que Donald Trump avait appelé de ses vœux aux premières heures du conflit, et que les manifestations de décembre et janvier lui faisaient espérer, mais qui n'est pas advenu.
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Ces dommages n'ont pas pour autant réduit à néant les capacités de rétorsion de Téhéran. "La capacité de l'Iran à se défendre tient moins à ses forces conventionnelles, telles que son armée de l'air, qu'à sa capacité à mener des contre-attaques à l'aide de missiles ou de drones", a en effet déclaré Zev Faintuch, de la société de sécurité Global Guardian, à la BBC. Missiles et drones iraniens ont frappé à travers tout le Proche-Orient, et notamment endommagé 20 sites militaires américains, dont des systèmes de défense aérienne de pointe, des avions ravitailleurs et des radars.
Le cessez-le-feu en vigueur depuis plus d'un mois aurait par ailleurs permis au régime islamique d'effectuer un certain nombre de réparations sur au moins quatre sites de lancement de missiles ainsi que sur des tunnels. Le cessez-le-feu a vacillé cette semaine, à la suite de l'abattage d'un hélicoptère américain qui patrouillait au large des côtes d'Oman ; des bombardements américains s'en sont suivis, auxquels ont succédé de nouvelles attaques iraniennes. En parallèle, les négociateurs s'activent pour espérer finaliser un accord que le président américain jure imminent.
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