Management : pourquoi il est faux de dire que les jeunes fuient les responsabilités

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Management : pourquoi il est faux de dire que les jeunes fuient les responsabilités

Management : pourquoi il est faux de dire que les jeunes fuient les responsabilités

Dans les directions RH, une tendance circule depuis quelques années avec la tranquillité des évidences : les jeunes refuseraient le management. Ils aspireraient à travailler sans chef, et surtout sans en devenir un. Cette tendance a même un nom : le conscious unbossing (le désintérêt pour les postes à responsabilité). Pourtant les faits racontent une tout autre histoire.

JobTeaser a mené l'une des plus vastes études sur le management des jeunes, en interrogeant 4 000 personnes appartenant à toutes les générations d'actifs. Résultat ? Les moins de 30 ans sont en réalité les plus désireux de manager : 61 % d'entre eux souhaitent accéder à cette fonction, contre seulement 41 % parmi leurs aînés. L'image qu'ils ont du rôle de manager est de loin la plus positive de toutes les tranches d'âge. Ce n'est pas une génération qui fuit les responsabilités, c'est une génération qui regarde comment elles s'exercent, et pose des conditions avant d'accepter.

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Un deuxième mythe s’est aussi largement répandu ces dernières années : celui du "manager-coach", qui s'est imposé comme l'horizon à atteindre pour encadrer les jeunes recrues. Celui qui accompagne sans diriger, qui libère sans cadrer, qui "crée les conditions" plutôt qu'il ne décide. Pourtant, leurs attentes réelles sont toutes autres. Ce que les jeunes actifs valorisent le plus chez un manager, c'est la capacité à fixer des objectifs clairs et à les guider techniquement. Ils plébiscitent davantage que leurs aînés le chef et l'expert, deux figures que ce même discours a largement ringardisées.

Ce n'est pas un retour nostalgique à l'autorité verticale. C'est quelque chose de plus simple, et finalement de très humain : un besoin de cadre et de repères au moment précis où tout est nouveau. Ce besoin se comprend d'autant mieux que la première expérience professionnelle pose souvent les jalons d'une carrière entière. Et le premier manager, lui, imprime une marque qui dure parfois toute une vie professionnelle : 67 % des jeunes actifs déclarent qu'il a influencé positivement leur trajectoire, et parmi ceux qui sont devenus managers à leur tour, 83 % reconnaissent que ce premier référent a façonné leur propre façon de diriger.

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Les attentes concrètes ? L'écoute active reste la qualité numéro un attendue, toutes générations confondues : pas la bienveillance de façade, mais celle qui précède vraiment la décision. Le feedback régulier, lui, est la clé de la satisfaction collaborateur. Pourtant, 38 % des jeunes actifs reçoivent moins d'un retour par mois de leur manager, et un collaborateur sur quatre attend parfois une année entière avant d'en recevoir un.

Et une fois que l’on est passé de l’autre côté et que l’on dirige une équipe ? C'est là que réside peut-être le paradoxe le plus frappant de l'étude : la Gen Z est la génération la mieux formée au management, 38 % des managers de la génération Z ont suivi une formation dédiée, contre 21 % chez la Gen X, et pourtant la plus en proie au doute. 71 % des managers Z se sentent illégitimes dans leur fonction, soit presque le double de leurs homologues seniors. Plus de formation ne suffit pas. C'est bien souvent la posture qui manque : la confiance en soi, l'agilité relationnelle, la capacité à tenir une décision. Des compétences que ni les écoles ni les entreprises n'enseignent vraiment encore.

L'envie de manager existe. Mais elle s'érode avec le temps. Aux entreprises, donc, de repenser la sélection et l'accompagnement managérial, de former davantage sur la posture plutôt que sur les seules techniques, responsabilité partagée avec les écoles, ainsi que de favoriser une culture de l’écoute et du feedback. D'autant que les enjeux dépassent largement le quotidien des équipes. Les jeunes actifs consultent et considèrent particulièrement les avis en ligne sur le management des entreprises : sept jeunes candidats sur dix estiment même que de mauvais retours d’expériences sont rédhibitoires pour postuler.

Investir dans la culture managériale est au final un levier puissant pour attirer les meilleurs talents, les fidéliser sur le long terme, et mieux former ceux qui seront les managers de demain.

*Michaël Giaj est responsable études chez Jobteaser

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