Nucléaire, défense, climatisation : trois dossiers victimes du déni et de l'idéologie

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Nucléaire, défense, climatisation : trois dossiers victimes du déni et de l'idéologie

Nucléaire, défense, climatisation : trois dossiers victimes du déni et de l'idéologie

Après le nucléaire redécouvert in extremis avec l’invasion de l’Ukraine par Poutine, la défense européenne réveillée par Donald Trump, voici maintenant la climatisation sauvée à son tour non par un choix politique mais par le thermomètre… Jamais deux sans trois.

Dans ces trois dossiers, deux mots ont bien failli conduire la France à la catastrophe : l’idéologie et le déni. L’idéologie de la gauche et de LFI, lorsque le nucléaire était jugé trop polluant, la défense et son industrie regardée avec dégoût, la climatisation considérée comme un confort coupable. Le déni de l’extrême droite, lorsqu’il s’agissait de reconnaître la nécessité d’une Europe souveraine face à une protection américaine qui vacille, ou d’admettre le réchauffement climatique et les alertes d’un Giec jugé "trop alarmiste". Désormais, la climatisation n’est plus seulement remise sur la table : elle est l’alpha et l’oméga du Rassemblement national. Voilà deux ans que le RN promet un "grand plan clim’" sans jamais vraiment le chiffrer. On comprend pourquoi lorsque Jean-Philippe Tanguy, après quelques calculs lors d’une matinale, propose sans rire "200 milliards d’euros consacrés à l’achat de climatiseurs". Plus de deux fois le budget de l’Education nationale et presque 16 fois celui de la justice. Belle démonstration de sérieux budgétaire… Le RN fait en réalité ce qu’il sait faire de mieux : tirer profit de l’émotion.

Cette logique n’est pas totalement absente ailleurs. Elle gagne aussi une partie de l’exécutif lorsque, plutôt que d’ouvrir un vrai chantier d’adaptation, le ministre de l'Economie fait porter la responsabilité sur les collectivités locales. Peu importe si les collectivités ont perdu leurs marges de manœuvre avec la suppression de la taxe professionnelle puis de la taxe d’habitation. Peu importe si elles naviguent à vue entre normes nouvelles, budgets incertains de l’Etat et un gouvernement toujours prompt à se servir dans leurs caisses. Tout cela est oublié grâce à trois mots : le Fonds vert.

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Créé pour aider les collectivités à financer leurs projets de transition écologique, ce fonds ne sert pas seulement à rénover les écoles. Il finance aussi les mobilités durables, la renaturation, ou encore la biodiversité. Surtout, cette carte joker a elle-même fondu sous les grandes chaleurs des économies budgétaires : 2,5 milliards d’euros en 2024, 837 millions annoncés en 2026. En Seine-et-Marne, l’enveloppe destinée à la rénovation des écoles atteint environ … 2,2 millions d’euros soit à peine 2 000 euros par école. Jean-Philippe Tanguy a lui-même défendu un amendement visant à retrancher encore 460 millions d’euros à ce qui restait de ce fonds. Double langage, quand tu nous tiens.

Loin des outrances des uns et des revirements des autres, il revient désormais aux candidats des partis de gouvernement de s’emparer de ce sujet pour proposer des solutions concrètes, durables et finançables plutôt que des promesses lancées sous canicule. Un vrai plan national d’adaptation aux fortes températures. La climatisation doit en faire partie quand elle protège : écoles exposées, crèches, hôpitaux. Mais elle doit s’inscrire dans un ensemble : isolation, protections solaires, ventilation, végétalisation.

Après la canicule de 2003, le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin avait su tirer les enseignements du drame : création du Plan national canicule pour prévenir les risques sanitaires liés aux vagues de chaleur, obligation d’un "plan bleu" dans les établissements accueillant des personnes âgées, présence d’au moins un espace rafraîchi dans les Ehpad, mise en place de la "journée de solidarité" pour financer l'autonomie et la santé des plus fragiles. Ces mesures n’ont pas tout réglé, mais elles ont produit des résultats remarquables. Aujourd’hui, le débat porte d’ailleurs moins sur les seniors que sur les élèves qui suffoquent dans des classes construites pour un climat qui n’est plus le nôtre. C’est la preuve qu’une politique préparée, financée et suivie peut être transformatrice.... preuve que la politique peut encore servir à quelque chose !

Jean-François Copé, ancien ministre, maire LR de Meaux

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