Retraites, comment font nos voisins ? Plongée dans une Europe à deux vitesses

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Retraites, comment font nos voisins ? Plongée dans une Europe à deux vitesses

Retraites, comment font nos voisins ? Plongée dans une Europe à deux vitesses

Le rapport du Conseil d’orientation des retraites présenté ce 11 juin ne fait que conforter un constat désormais bien connu : dans une France qui vieillit, notre système est à bout de souffle. De l’eau au moulin des partisans de l’introduction d’une couche de capitalisation, modèle que nos voisins les plus avisés ont adopté avec succès depuis longtemps. Outre le fait qu’il soulage les finances publiques, il favorise les placements en actions, au travers des fonds de pension. Plus risqué, mais plus rémunérateur. Les dividendes, réinvestis, produisent à leur tour du rendement.

Cette magie des intérêts composés est spectaculaire sur longue période. L'Institut Rexecode a fait les comptes : sur 20 ans, s’ils avaient investi davantage en actions (27 % de leurs actifs financiers dans l’idéal au lieu de 19 % dans la réalité), les ménages tricolores seraient collectivement plus riches de… 340 milliards d’euros. Les 13 millions de Français qui ont souscrit un Plan d’épargne retraite ont compris qu’il valait mieux compter sur eux-mêmes pour préparer leur avenir. Mais que de temps perdu.

Link to Danemark : un impact fort sur la richesse des ménagesDanemark : un impact fort sur la richesse des ménages

L’introduction d’un régime par capitalisation dans le système de retraite danois remonte à un accord trouvé en 1987 entre le gouvernement et les partenaires sociaux. Se généralisent alors des régimes professionnels, négociés par branche, auxquels contribuent aujourd’hui les deux tiers des 16-67 ans. Une réforme qui a encouragé l’investissement dans les actions cotées, les infrastructures, le capital-investissement, au profit de la richesse des ménages. Un Danois possède près de deux fois le patrimoine financier d’un Français.

La France est le pays d'Europe le plus rétif à la capitalisation.
La France est le pays d'Europe le plus rétif à la capitalisation.

Link to Pays-Bas : la prise de risque pourrait augmenterPays-Bas : la prise de risque pourrait augmenter

Les Néerlandais ont du goût pour le risque et la capitalisation concentre un gros tiers de leurs dépenses de retraite. Malgré tout, ils investissent moins en actions que leurs voisins nordiques. "Jusqu’ici, le régime de retraite garantissait le montant des prestations, justifiant une moindre prise de risque, note Charles-Henri Colombier, économiste chez Rexecode. Mais les Pays-Bas sont en train de passer à un modèle de contributions définies, comme en Suède et au Danemark". De quoi favoriser les actions.

Link to Suède : une stratégie au service du financement de l’innovationSuède : une stratégie au service du financement de l’innovation

Le virage libéral du début des années 1990 a converti le système de retraite suédois à la capitalisation. Les fonds de pension, mais aussi la création d’un compte épargne dédié à la fiscalité avantageuse ont porté la part des actions dans les patrimoines à un niveau record en Europe, proche de celles des Américains. "Au-delà de la question des retraites, la Suède a mené une vraie stratégie d’incitation de l’investissement en fonds propres en faveur de l’innovation", salue Charles-Henri Colombier.

Link to Allemagne : des taux souverains anémiquesAllemagne : des taux souverains anémiques

En dépit d’une proportion d’actions plus élevée dans leur portefeuille, le patrimoine financier des Allemands est similaire à celui des Français. "En Allemagne, le drame des épargnants est d’être exposés depuis plus d’une décennie à des taux souverains très faibles voire négatifs", pointe Charles-Henri Colombier. Le régime de retraite par répartition étant ultra-dominant, la taille des fonds de pension est dérisoire. Les entreprises, peu endettées et très rentables, peuvent compter sur leurs ressources propres.

Les Français et les Italiens réalisent moins de placements que leurs voisins d'Europe du Nord.
Les Français et les Italiens réalisent moins de placements que leurs voisins d'Europe du Nord.

Link to Italie : les obligations d’Etat ont la part belleItalie : les obligations d’Etat ont la part belle

L’Italie partage avec la France une population vieillissante, la quasi-absence de capitalisation dans son système de retraite et une exposition limitée des ménages aux actions. Pour autant, sur 20 ans, les Italiens ont bénéficié, en moyenne, d’un rendement supérieur d’un point par an à celui des Français grâce à une dette publique italienne mieux rémunérée - contrepartie d’un risque plus élevé. Des obligations d’Etat dont ils sont friands, d’autant que leur détention est encouragée par une fiscalité plus légère.

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