Meurtre de Louis : le "champ de ruines" de la protection de l'enfance

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Meurtre de Louis : le "champ de ruines" de la protection de l'enfance

Meurtre de Louis : le "champ de ruines" de la protection de l'enfance

L'agression, filmée à la dérobée, est d'une violence rare. Un adolescent à terre est roué de coups sur un chantier par un groupe de jeunes, le 19 juin. Quelques jours après, Louis, 17 ans, décède de ses blessures. Cinq de ses agresseurs ont été mis en examen pour assassinat et placés en détention provisoire.

Depuis mai, la victime était accueillie dans une structure de l'Aide sociale à l'enfance (ASE). Une partie de ses agresseurs en bénéficiaient aussi. L'affaire conduit à s'interroger sur ces organisations censées protéger les mineurs. D'autant que Louis avait porté plainte dans un commissariat, le 12 juin, pour d'autres violences. Les deux affaires ne sont pas liées. Mais à ce moment-là, le jeune homme avait fugué de sa structure d'accueil. "Un foyer n'est pas une prison. Ceux qui veulent s'en aller s'en vont", remarque Thierry Hérrant, membre du Conseil national de la protection de l'enfance. "Le milieu est un champ de ruines", déplore-t-il.

Les affaires se succèdent. En janvier 2024, Lily, quinze ans, s'est suicidée dans une chambre d'hôtel du Puy-de-Dôme où elle avait été placée sans surveillance. Un an plus tard, L'Express révélait les cas de centaines d'enfants réorientés en Belgique. La faute au manque criant de places en structures spécialisées, de formations et d'effectifs. Alors que le nombre de pris en charge augmente : fin 1998, 16,6 sur 1000 y avaient recours, contre 22,9 fin 2022. Avec des conséquences de long terme sur les enfants, qui subissent "un continuum de violences", de la famille jusqu'au cadre du placement, a relevé la députée Isabelle Santiago, rapporteure d'un rapport parlementaire sur le sujet. Vous avez dit protection ?

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