Placements : les sept conseils pour bien construire son patrimoine

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Placements : les sept conseils pour bien construire son patrimoine

Placements : les sept conseils pour bien construire son patrimoine

A en croire les professionnels - banquiers, gérants, assureurs… -, les Français manqueraient cruellement de culture financière. Si le constat n’est pas totalement erroné, il est parfois utilisé comme un mantra pour alimenter les intérêts des sociétés financières davantage que ceux des épargnants. Le Français n’est peut-être pas très féru d'intérêts composés mais il dispose d’un certain bon sens. Après s’être vu vendre des supports bilanciels pour renforcer les fonds propres des banques, des produits structurés frelatés pour doper les commissions des conseillers ou encore des assurances-vie ultra-chargées pour faire vivre les banques privées, il ne sait plus à quel sein se vouer. A défaut, il préfère se reporter sur le livret A, fiable et sans (mauvaise) surprise à défaut d’être performant. L’éducation financière se fera par un discours de vérité, des pratiques professionnelles et des placements de qualité, ou ne se fera pas.

Préparer sa retraite, protéger sa famille, ou simplement gagner en liberté financière : les motivations pour investir ne manquent pas. Pourtant, face à la multitude de placements disponibles et aux promesses de rendement rapide qui fleurissent sur les réseaux sociaux, beaucoup d’épargnants peinent à savoir par où commencer. Bonne nouvelle, bâtir un patrimoine solide ne relève ni de la spéculation ni du "coup" financier. La performance patrimoniale repose avant tout sur le temps, la diversification et la discipline. Avant de se lancer bille en tête, voici les grands principes à suivre pour investir efficacement et se bâtir un patrimoine progressivement sans tomber dans les pièges les plus fréquents.

Link to 1. Commencer le plus tôt possible1. Commencer le plus tôt possible

Le temps est l’allié numéro un de l’investisseur ! "Il ne faut pas procrastiner et investir au plus tôt pour profiter des intérêts composés", conseille Thaïs Castaing, associée du cabinet L&A Finance. Le principe est simple : les gains générés par un placement produisent eux-mêmes de nouveaux gains au fil des années. Même avec des montants modestes, l’effet boule de neige peut devenir spectaculaire à long terme. "Plus on démarre tôt et moins l’effort est important", souligne Jean-Olivier Ousset, dirigeant du Centre du Patrimoine. Par ailleurs, la meilleure façon de construire un patrimoine consiste à épargner régulièrement avec discipline. Rien n’empêche de commencer par de petites sommes qui pourront grossir au fil du temps. D’où l’intérêt de mettre en place des versements programmés mensuels plutôt que d’attendre "le bon moment" pour investir. "La régularité bat l’opportunisme sur le long terme", résume Stanislas de Vasselot, directeur général de Linxea.

Autre atout de cette démarche : elle permet de réduire le risque pris. Les marchés financiers illustrent bien ce phénomène. À court terme, ils peuvent être très volatils : les cours montent et baissent, parfois fortement. Mais plus l’horizon d’investissement s’allonge, plus le risque de perte diminue. "Historiquement, la probabilité de perdre de l’argent sur les marchés actions s’élève à 25 % sur un an, à 5 % sur dix ans et elle est proche de zéro sur quinze ans", souligne Thaïs Castaing.

Link to 2. Diversifier pour mieux résister aux chocs2. Diversifier pour mieux résister aux chocs

La diversification reste la meilleure protection contre les accidents de marché. L’idée est simple : éviter de concentrer son patrimoine sur une seule catégorie de produits et un seul support. Actions, obligations, immobilier, fonds euros, private equity ou encore cryptoactifs ne réagissent pas de la même manière selon les cycles économiques. Même chose avec les secteurs d’activité et les zones géographiques. Cette approche permet aussi de mieux supporter les périodes de volatilité. Un portefeuille équilibré peut absorber plus facilement les baisses temporaires d’une partie des investissements grâce à la bonne tenue des autres lignes. La diversification permet ainsi d’amortir les chocs. "Sur une allocation bien diversifiée, si un support fait -25 % alors qu’il ne représente que 10 % du portefeuille, le patrimoine dans son ensemble ne baisse que de 2,5 %, ce qui peut aisément être rattrapé par la performance des autres investissements", illustre François-Xavier Soeur, fondateur du cabinet Terrae Patrimoine.

Pour les débutants, inutile de multiplier immédiatement les produits complexes. Démarrer avec un actif très diversifié comme un ETF répliquant le MSCI World est une approche efficace puisqu’il comporte environ 1 500 valeurs sur 25 pays avec des frais faibles. Attention toutefois à ne pas tomber dans l’excès inverse en se limitant à ce seul produit. "Détenir un seul ETF, c’est une bêtise : ce n’est pas suffisamment diversifié", nuance Amandine Chaigne, présidente d'Ade-ci Family Office. Pour un profil équilibré, Stanislas de Vasselot recommande par exemple de combiner 50 % de fonds euros, 10 à 15 % d’actions et de répartir le solde réparti entre fonds obligataires, immobilier et produits structurés à capital protégé.

Link to 3. Investir en fonction de son profil de risque3. Investir en fonction de son profil de risque

Le portefeuille le plus adapté pour une personne n’est pas nécessairement celui qui rapporte le plus. C’est surtout celui que l’on est capable de conserver dans la durée sans paniquer au premier retournement de marché. C’est pourquoi il est important d’avoir conscience de son profil d’investisseur. Lorsque vous allez voir un conseiller, que ce soit un banquier ou un CGP, ce dernier doit d’ailleurs vous interroger pour évaluer ce dernier. Il dépend avant tout de la situation financière et des connaissances de chacun. "Le profil de risque, c’est aussi la capacité à supporter une perte en fonction de son budget et de son patrimoine", estime François-Xavier Soeur. Certains investisseurs acceptent facilement des variations importantes de leur portefeuille quand d’autres vivent très mal la moindre baisse. C’est pourquoi l’objectif n’est pas de copier la stratégie de son voisin, mais de construire une allocation cohérente avec sa situation personnelle. "L’allocation d’actifs, et notamment la part que l’on consacre aux actions, va découler de ce profil", explique Thaïs Castaing.

Link to 4. Les frais : un détail qui coûte très cher4. Les frais : un détail qui coûte très cher

Frais d’entrée, frais de gestion, frais d’arbitrage ou commissions de surperformance : autant de points qui doivent être analysés. "Les frais sont la seule performance négative certaine", résume François-Xavier Soeur. Sur le long terme, ceux-ci peuvent en effet grignoter une part importante de la performance. "Dans la durée, l’impact est énorme", martèle Stanislas de Vasselot. Il faut donc se renseigner sur le niveau de prix moyen du marché et bien se faire expliquer les différentes strates de frais à la souscription d’un produit. Pour autant, rechercher systématiquement l’offre la moins chère peut aussi être une erreur tout comme le fait de se focaliser sur ce critère sans étudier les autres éléments. "Sur une assurance-vie par exemple, il faut aussi vérifier que le contrat évolue bien dans le temps avec l’intégration régulière de nouveaux supports", souligne Amandine Chaigne. La qualité des produits proposés, l’accompagnement ou encore les options du contrat dans le temps doivent également être pris en compte. Le bon réflexe consiste à raisonner en performance nette de frais et à vérifier que les coûts restent cohérents avec le service rendu.

Link to 5. Conserver une épargne de précaution5. Conserver une épargne de précaution

Avant de rechercher du rendement, il est indispensable de disposer d’une réserve de sécurité mobilisable immédiatement pour faire face aux imprévus : panne de voiture ou travaux urgents… Cette épargne doit rester placée sur des supports sécurisés comme le Livret A ou le livret de développement durable et solidaire (LDDS). La difficulté consiste à déposer sur ces produits garantis mais peu rémunéré le juste niveau de liquidités sans pour autant y laisser dormir des sommes trop élevées. Une épargne trop importante placée sur ces supports peut en effet perdre progressivement de sa valeur. "Attention à ne pas tomber dans l’excès de prudence car l’argent placé sur un Livret A ne travaille pas vraiment, la rémunération du livret étant peu ou prou équivalente au niveau de l’inflation", rappelle Stanislas de Vasselot. La plupart des spécialistes recommandent de conserver entre trois et six mois de dépenses courantes. Mais le montant idéal dépend surtout du niveau de confort psychologique et de la situation personnelle de chacun (famille à charge, immobilier à gérer, revenus irréguliers…). "Le livret A doit contenir le montant nécessaire pour bien dormir la nuit", conclut François-Xavier Soeur.

Link to 6. Eviter les effets de mode6. Eviter les effets de mode

L’une des erreurs les plus fréquentes consiste à investir sous l’effet de l’euphorie du moment. Après les cryptomonnaies, les valeurs technologiques ou encore l’intelligence artificielle, chaque période voit émerger ses placements "incontournables". Si ces derniers peuvent se révéler pertinents dans l'absolu, encore faut-il s’assurer qu’ils sont adaptés à votre patrimoine et à son degré de développement. "Il faut suivre une sorte de pyramide de Maslow adaptée au portefeuille financier, explique Jean-Olivier Ousset. Ainsi, on ne détient pas des cryptos avant d’avoir un livret A et souscrit une assurance-vie." Même prudence concernant la fiscalité. Réduire ses impôts peut être intéressant, mais la défiscalisation ne doit jamais devenir l’objectif principal d’un investissement. Un mauvais placement restera mauvais, même avec un avantage fiscal.

Link to 7. Garder le cap dans la durée7. Garder le cap dans la durée

Construire un patrimoine demande avant tout de la cohérence et de la patience. Les marchés financiers connaissent inévitablement des phases de baisse, parfois brutales, mais modifier constamment sa stratégie patrimoniale s’avère contre-productif. "Il faut se fixer un cap et ne pas toucher à sa stratégie pendant au moins dix ans", considère Thaïs Castaing. La durée nécessaire pour laisser le temps faire son œuvre.

Link to Résidence principale : acheter ou louer ?Résidence principale : acheter ou louer ?

Acheter sa résidence principale reste un pilier important du patrimoine des Français et peut même être considéré comme un outil de prévoyance lorsqu’elle est acquise à crédit puisque en cas d’accident de la vie, l’assurance protège la famille. Mais l’achat immobilier ne doit pas fragiliser l’équilibre financier du foyer. "Il faut que ce soit du long terme car les frais d’acquisition sont élevés et il ne faut pas mettre toute sa capacité d’épargne dans sa résidence principale car cela obère sa capacité à créer du patrimoine par ailleurs", souligne François-Xavier Soeur.

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